Editions Larroque

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Tapisseries

Tapisseries
LA TECHNIQUE :
Un procédé millénaire : l’art du pochoir

Nous nous sommes donnés pour but de réaliser des copies de tapisseries de la plus haute qualité, avec pour principal souci de recréer au mieux l’atmosphère et le coup d’œil des chefs d’œuvres authentiques.

Ayant choisi pour ce faire la sérigraphie, notre travail débute par la réalisation d’une maquette, opération de longue haleine requérant la plus grande minutie. La base est un agrandissement photographique (exécuté d’après la pièce originale elle-même) à la dimension exacte de la future reproduction. Le dessinateur effectue une sélection de couleurs, qui consiste à déterminer le nombre de tons de base indispensables à la restitution de toutes les nuances de l’oeuvre, certaines étant obtenues par combinaison de deux, trois ou quatre tons de base. Chaque ton sélectionné est ensuite dessiné sur un calque préalablement tendu sur une table à dessin. Chaque calque servira à réaliser un pochoir. Après cette opération, nous disposons d’une douzaine de pochoirs en moyenne par tapisserie.

Par l’intervention du coloriste, chaque couleur est ensuite appliquée à la main, au pochoir sur un tissu flammé spécialement mis au point, fabriqué pour notre atelier et imitant au mieux la texture du tissage de l’époque.

Enfin après séchage, une patine spéciale vient adoucir l’ensemble des couleurs et donner à la reproduction le vieillissement des teintes de l’œuvre authentique. Il ne manque plus que les finitions : la tapisserie est doublée, identifiée à l’aide d’une étiquette au dos (nom, musée où se trouve l’œuvre originale, époque de création et numéro) et munie d’anneaux. Elle est donc toute prête à être suspendue et ne nécessite aucun entretien particulier. Il est à noter que la réalisation étant exclusivement manuelle, les dimensions finales peuvent légèrement varier.

Nos tapisseries auront une place privilégiée dans votre intérieur, s’adaptant à tous les styles et agrémentant tout aussi merveilleusement un décor classique que contemporain. Ainsi, vous pourrez admirer toute l’harmonie et la richesse des couleurs de votre tapisserie dans une vaste pièce ou bien en savourer toute la finesse du détail dans un espace plus étroit.


L’INSTALLATION :

Si la nature de votre mur vous le permet, vous pouvez fixer directement un petit crochet ou une simple point en face de chaque anneau. Pour plus de facilités, il vous est cependant conseillé de poser horizontalement une petit règle de bois (d’une section d’environ 1 cm d’épaisseur par 3 cm de largeur et d’une longueur inférieure de 2 cm à celle de la tapisserie) et d’y placer des petites pointes où s’accrocheront les anneaux. Une fois votre tapisserie centrée, posez les pointes une à une en accrochant la tapisserie au fur et à mesure (il est fortement déconseillé de tirer sur les extrémités). Vous parviendrez aisément, en réglant correctement la hauteur de chaque point, à éviter que la tapisserie ne « gondole ». Elle tombera ainsi parfaitement à plat.

Si votre tapisserie est exposé au soleil de façon raisonnable, n’ayez aucune inquiétude, les couleurs, très résistantes à la lumière, ne risquent pas de ternir.

Suggestion : Il vous est tout à fait possible de diriger un spot sur la partie de la tapisserie que vous souhaitez voir mis en valeur. Cette touche lumineuse embellira encore davantage votre nouveau décor le soir venu.


L’HISTOIRE DE LA TAPISSERIE :

La tapisserie occupe une place prépondérante, en tant qu’expression plastique, parmi la peinture, la sculpture et l’architecture. Elle est, tout au long de son histoire, intimement liée à la peinture dont elle dépend et s’inspire. Le peintre est le maître d’œuvre de la tapisserie : à l’instar de l’architecte, il porte la responsabilité de la création de l’œuvre. Au maître licier incombe celle de l’interprétation et de la réalisation.

Grâce aux ordonnances successives de nos rois, dans le souci de concurrencer la Flandre (sous protectorat du Royaume d’Espagne riche en industries lainières), la tapisserie va gagner, en devenant une véritable « industrie », ses lettres de noblesse. Au travers de son immense richesse iconographique, cet art sera, du XIVe au XVIIIe siècle, le témoin constant de la vie politique, religieuse et artistique du monde occidental qui lui a donné vie et dont il illustre chaque événement important.

Mais qu’elle ait été, présent, « butin de guerre », concrétisation d’une alliance politique ou militaire, la tapisserie a eu d’abord, au Moyen âge, une vocation d’utilité. Immortalisant les exploits guerriers des seigneurs, elle servait en effet à réchauffer les murs imposants des châteaux ou à isoler, dans leurs pièces immenses, certains endroits plus confortables des courants d’air. Elle a pris à cette époque sa véritable dimension d’art monumental, constituant par-là même l’élément le plus important du décor civil moyenâgeux.

Le fond, uni la plupart du temps, ou agrémenté de quelques éléments de végétation sur lequel se découpent des personnages isolés ou en groupes compacts, laissera la place au XVe siècle et plus tard à une multitude de personnages entassés dans des scènes de bataille ou étagés sous des architectures. Après Arras et Tournai, Bruxelles, dont la prépondérance est nette à la fin du XVe et durant le XVIe siècle, invente un style typique : étagement de personnages richement vêtus, les différentes scènes séparées par des colonnettes évoquant les retables. Une bordure apparaît, formée d’éléments de végétation entrelacés.

La Renaissance, avec son influence italienne, va révolutionner l’art de la tapisserie : les cartons campent désormais de grands personnages aux attitudes souples devant de lointaines perspectives de paysages. La décoration des villas romaines inspirera les éléments de bordures par ses figures : les grotesques, qui deviendront par la suite le thème principal de nombreuses tentures.

Malgré des tentatives infructueuses de François 1er, puis d’Henri II, pour ouvrir des ateliers en France et endiguer ainsi la fuite des capitaux vers l’étranger, les villes flamandes tiennent le haut du pavé. Bruges et Anvers sont en pleine activité. Un style nouveau apparaît à Enghien, Grammont et Audenarde : les verdures à grandes feuilles.

Et puis les guerres civiles et religieuses aux Pays-Bas vont en chasser peu à peu les maîtres liciers. Henri IV, au tout début du XVIIe siècle, en attire de nombreux en France en leur consentant pour cela de multiples privilèges. C’est ainsi que le milieu du siècle voit la naissance à Paris de la Manufacture Royale des Gobelins, dont les énormes besoins de Louis XIV absorbent l’intégralité de la production. Les ateliers de Beauvais seront donc créés dans le but de satisfaire les commandes privées. Paradoxalement, l’influence de ces ateliers français sur les Flandres est indéniable à cette époque : le fait le plus significatif en est la mise sur métiers des Tenières (scènes villageoises flamandes) pour concurrencer les scènes à pastorales françaises, alors très en vogue à Bruxelles.

Mais la situation catastrophique du Trésor, à la fin du XVIIe siècle, va amener, à cause du prix exorbitant de sa production, la fermeture des Gobelins. Ceux-ci seront ré ouverts cinq ans plus tard, et vont inaugurer, au début du XVIIIe siècle, avec des compositions légères et décoratives, un nouveau style de tapisseries.

L’ère de la Régence et le règne de Louis XV voient en effet l’avènement de nouveaux modes de vie : le faste grandiose va désormais céder la place au « bon ton ». Et la tapisserie perd alors sa fonction accessoire d’utilité pour ne devenir qu’un « signe extérieur de richesse » purement décoratif. Le raffinement des palais succède à l’ampleur architecturale. Aux grandes salles d’apparat se substituent des boudoirs et des petits salons. D’art monumental, réservé jusqu’alors, de par son prix de revient, aux seuls Grands et à la Toute Puissante Eglise, la tapisserie, en réduisant ses dimensions et ses coûts, va pénétrer au XVIIIe siècle dans les demeures de la petite noblesse et de la bourgeoisie.

Aujourd’hui, il ne subsiste malheureusement que bien peu de témoins (dans leur intégralité ou le plus souvent fragmentaires) de cet art fastueux. La rareté des tapisseries authentiques ayant survécu aux outrages du temps et à la destruction aveugle des hommes fait de ces « survivantes » des objets de collection pratiquement inaccessibles.

Mais notre époque, dans sa recherche éperdue des « valeurs », redécouvrant la fonction décorative et la grande noblesse de cet art, tend de plus en plus à lui réserver une place de choix dans le décor de la demeure contemporaine.

La reproduction de qualité, en démocratisant ses coûts et en adaptant ses dimensions à l’habitat moderne, insuffle une vie nouvelle à la tapisserie. En la rendant accessible au public le plus large, elle se fait l’écho du faste princier et de la grandeur monarchique désormais révolus…

Panier  

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